C’est encore l’économie, idiot.

Ryan Greer, Chambre de commerce du Canada


Malgré tout le brouhaha autour de l’abordabilité durant cette saison électorale, il est incroyable de constater à quel point les chefs de parti, les candidats et les médias parlent peu de la manière la plus rudimentaire et la plus efficace de créer de nouveaux emplois et une hausse des salaires, en plus d’améliorer la qualité de vie globale de la population canadienne. Comme l’a si bien dit le stratège démocrate James Carville dans le cadre de la campagne présidentielle de Bill Clinton couronnée de succès en 1992 : « C’est l’économie, idiot ».

Les partis politiques qui manigancent pour s’arroger le pouvoir parlementaire savent bien que de nombreux électeurs choisiront de cocher leur bulletin en fonction de considérations pécuniaires. Par conséquent, les chefs de parti y sont tous allés de leurs promesses pour redonner quelques dollars ici et là aux Canadiens et aux Canadiennes, grâce à divers programmes, interventions et modifications fiscales à l’échelle du pays.

Toutefois, aucun d’entre eux n’a présenté un plan sérieux pour faire croître notre économie. Allez lire toutes les plateformes et promesses électorales publiées jusqu’à ce jour et cherchez-y des mots comme compétitivité et productivité. Leur rareté est ahurissante. Pour les propriétaires d’entreprises, les employés et les investisseurs, l’absence de politique économique réfléchie dans ces élections est une vraie déception. Il est insultant pour tous les Canadiens et les Canadiennes que nos politiciens pensent que les électeurs ne sont pas en mesure de faire un lien entre la croissance des entreprises et leur propre qualité de vie.

Alors que nous traversons une époque d’incertitude mondiale et de changements technologiques et de marché rapides, ces élections devraient représenter l’occasion d’avoir un débat sérieux sur la façon de s’attaquer aux défis actuels et à venir de l’économie canadienne. Où sont les plans pour un programme audacieux axé sur un capital humain afin que la population canadienne ait les bonnes compétences, les bonnes études, la bonne formation et le bon recyclage pour que les entreprises puissent croître et prospérer ? Où sont les propositions pour des approches agiles et souples de réglementations des nouvelles technologies qui rendent les entreprises plus productives ? Où sont les idées sur la façon dont le Canada peut tirer parti de la valeur croissante de la propriété intellectuelle au sein de l’économie numérique ? Où sont les stratégies permettant d’assurer que les secteurs des ressources naturelles, de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Canada continueront de répondre à la demande mondiale croissante de produits canadiens ? Où sont les plans visant à simplifier les systèmes d’imposition complexes et inefficaces du Canada qui découragent les investissements dans notre pays ?

Aider les entreprises à croître et à embaucher plus de Canadiens et de Canadiennes n’est pas un enjeu partisan. Une économie plus forte redonne plus d’argent à la population canadienne grâce à des revenus plus élevés et à un taux de chômage plus faible. Une économie plus forte signifie plus de recettes que le gouvernement peut investir dans les services publics, des projets d’infrastructures et pour protéger l’environnement. Une économie plus forte rend les Canadiens et les Canadiennes de plus en plus prospères.

Les 200 000 entreprises et plus que nous représentons et qui emploient des millions de personnes au pays le savent. C’est pour cette raison que nous avons fourni un plan pour une économie plus forte à tous les partis politiques dans le cadre de notre plateforme Votez pour la prospérité. C’est pour cette raison que les chambres de commerce de tout le pays organisent des débats et interrogent les candidats de leurs collectivités sur des enjeux économiques. C’est pour cette raison que, quel que soit le résultat des élections, les chambres de commerce exhorteront les députés élus à prendre leurs responsabilités devant les défis et les possibilités économiques qui touchent le Canada.

Nous ne sommes qu’à deux semaines du jour des élections. Nos dirigeants politiques n’ont plus beaucoup de temps à consacrer à leurs discours, et ils peinent encore à proposer des plans qui se démarquent pour le pays. Cela ne devrait pas être si difficile. C’est encore l’économie, idiot.


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Graham Scott